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Ystalien Samaro : « Au début, en 2019, on riait de Recycl’Anay ! »

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Fondé en 2018 à Toamasina par le jeune activiste environnemental Ystalien Samaro, Recycl’Anay fait aujourd’hui partie des entreprises sociales vertes phares à Madagascar. Volonté, motivation, persévérance et endurance, bien que compliqué, leur modèle économique a réussi à transcender le système capitaliste. Actuellement, Recycl’Anay compte  plus de 40 collaborateurs.

Recycl’Anay, de 4 à 40 collaborateurs

Une ascension impressionnante. En seulement 3 ans, Recycl’Anay est passée du statut de « startup » à « entreprise ». Actuellement, cette entreprise sociale verte regroupe plus de 40 collaborateurs, si celui-ci regroupait 4 collaborateurs à sa création, en 2018, et une dizaine en 2019.

Cela a pu se faire grâce à une multiplication des activités de l’entreprise.

« A part le recyclage de papier, nous avons aussi commencé à recycler plein d’autres produits et déchets, et nous avons aussi rajouté l’éducation environnementale, les formations et la création d’espaces verts à nos activités »,

a expliqué Ystalien Wang Kine Samaro, fondateur de Recycl’Anay et activiste environnemental.
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Recycl’Anay opère dans le recyclage des déchets plastiques. cc: Facebook/Recycl’Anay/Capture d’écran

Depuis quelques mois, Ystalien et son équipe voyagent à travers le pays pour faire découvrir leurs produits et délivrer des formations : à Fianarantsoa, Maroantsetra, Foulpointe, Antananarivo. La réalisation d’un rêve que peu de gens croyait possible, surtout dans un pays où le recyclage est encore très négligé, à la fois pas l’Etat et par la population.

« En 2019, on riait de nous. Aujourd’hui, nous sommes contents de voir que beaucoup de jeunes s’y mettent, que ça avance petit-à-petit. Même les jeunes commencent à valoriser le recyclage. Chez nous, il y a déjà 4-5 personnes qui font du recyclage indépendant. D’autre part, nous sommes de plus en plus sollicités par les écoles pour délivrer des formations en éducation environnementale »,

raconte Ystalien.

Une historique qui mérite d’être racontée

Au début, Recycl’Anay recyclait uniquement du papier. Actuellement, leurs produits sont diversifiés : bouchons, magazines, plastiques, jeans, emballages biscuits, pneus, palettes, déchets ménagers… Ils recyclent tout sauf les déchets industriels qui peuvent être nocifs pour la santé.

« Les produits en magazines et jeans recyclés sont les plus appréciés en ce moment »,

rapporte Ystalien.
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Les prix chez Recycl’Anay varient de 1000 Ar à 10 000 Ar. cc: Facebook/Recycl’Anay/Capture d’écran

En ce qui concerne l’éducation environnementale, celle-ci est délivrée à travers des jeux, des films et des émissions qui sont publiés sur les réseaux sociaux.

L’entreprise est également présente dans l’agriculture et l’élevage, à travers la promotion, la sensibilisation et l’aide aux agriculteurs et éleveurs.

« Je lance un nouveau concept de développement économique qui est l’entrepreneuriat social. Cela aide les jeunes à créer des emplois, surtout bleus et verts, et à les aider à s’entraider à être solidaires »,

continue-t-il.

Actuellement, l’entreprise collabore avec plusieurs entités nationales, internationales, privées et publiques, dont notamment la IMT Diaspora France, le DREDD (Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable) de la région Atsinanana, la Pépinière d’entreprises de Toamasina, des associations et d’autres partenaires.

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Ystalien Samaro, fondateur de Recycl’Anay. cc: Facebook/Ystalien Sayuri

Pour conclure, Ystalien insiste sur la passion, si l’on veut réussir dans l’entrepreneuriat social vert. 

« Ce n’est pas qu’une tendance de protéger l’environnement. C’est un sacrifice, un défi qui demande de la passion. Ce domaine n’est pas priorisé, même l’Etat néglige encore l’entrepreneuriat vert. Il y a des financements, certes, mais cela n’arrive pas entre les mains des jeunes entrepreneurs. Il faut de la motivation et de l’endurance parce que l’entrepreneuriat social vert, c’est quelque chose de très difficile, mais ça a de l’avenir. »

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