En ce jour critique pour la démocratie Malagasy, les chaînes de télévision locales passent surement le film « Swig vote », si ce n’est déjà fait les jours précédents. Ce film où Bud, un ivrogne joué par ce beau gosse de Kevin Costner, devient un élément décisif des élections présidentielles. Ce film où le vote d’un seul homme pourrait basculer la donne. Ce film où les deux candidats se plient aux quatre volontés d’un simple citoyen pour gagner le billet pour la maison blanche.

Mais bref, ce n’est qu’un film ! Dans la vraie vie, surtout à Madagascar, est-ce que ça changerait quelque chose si moi je ne votais pas ? Quel intérêt de voter si on sait à l’avance qui va être élu ? Comme toujours, le trône finit par revenir à celui qui arrive à faire réciter un mantra en son nom aux plus grands nombres sinon à celui qui a su amadouer le peuple affamé avec une bouchée de pain. Les programmes qui tiennent la route, tout le monde s’en balance ! Depuis l’adoption de la démocratie dans ce pays, on bourdonne le discours sempiternel du « droit et devoir » lorsqu’on sensibilise les gens à rejoindre les urnes. Si vous ne votez pas, vous vous abaissez au rang d’un criminel privé de droit de vote ! Allez voter car c’est votre devoir de citoyen ! Et alors ? Ce n’est pas assez convaincant pour ceux qui pensent que le scrutin n’est qu’un leurre, que derrière ce manège il existe un engrenage politique qui dépasse la portée intellectuelle de la masse populaire. Si cela avait été aussi efficace, nous n’aurions pas enregistré un taux d’abstention de 49,99% lors de nos derniers scrutins présidentiels.

voter à madagascar

Déjà une queue-monstre devant les bureaux de vote, depuis ce matin.
cc: Book News Madagascar

Mais la victoire étonnante de Donald Trump en 2016 aux Etats-Unis pourrait nous apporter une lueur d’espoir. Contre toute attente, ce milliardaire excentrique a battu Hilary Clinton, un poids lourd de la partie démocrate pour ne pas dire de la politique américaine. On parlait alors de dépolitisation de l’élection avec ce résultat qu’aucun politologue ni sondage n’avait vu venir. Une analyse postérieure a démontré que l’augmentation du nombre de jeunes électeurs et l’usage intensif des réseaux sociaux fût les causes principales de cette victoire. Les médias célèbrent comme le New York Times s’excusaient : « Nous n’avons pas su capter le mal de l’Amérique profonde ».

Et nous les Malagasy, que dirait cette (presque) majorité silencieuse si elle s’exprimait ?… Ce Madagascar d’aujourd’hui et du futur, c’est nous tous qui le bâtissons ! Ce pays n’appartient pas seulement à ceux qui ont dépensés des sommes astronomiques pour effectuer des propagandes tape-à-l’œil ni à cette foule qui a rempli à ras-bord les grands stades ! C’est aujourd’hui que tout se joue. Alors, cette fois-ci, arrêtons de penser que faire la queue dans les bureaux de vote n’est qu’une perte de temps. Espérons que pour cette fois-ci, ma voix, ta voix et chacune de nos voix compte et pourrait changer les choses d’une façon ou d’une autre ! Cette fois-ci, déjouons les pronostics !

Ando Nantenaina


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