Il m’attendait à la terrasse d’un restaurant. Nous nous étions donnés rendez-vous une journée avant son départ pour New York afin de discuter de l’impact des jeunes malagasy dans les discussions internationales, notamment celles concernant le climat. TsiryJeune activiste malagasy, a été sélectionné avec 99 autres jeunes par les Nations Unies pour participer au UN Climate Summit. Ce sommet de l’action climatique a eu lieu ce 23 septembre à New York.

Nous parlons de son parcours, ainsi que de tout ce qui l’a amené sur le chemin de la lutte pour la justice climatique et sociale. Tsiry a grandi à Majunga, à Anosy, à Antsirabe. Il a beaucoup voyagé à Madagascar et a constaté d’importantes augmentations de température au cours de ces 10 dernières années. En 2016, il a rejoint les YALI et son envie de faire émerger des actions plus concrètes y a grandi. Son besoin de s’engager, il me la confie : “YALI m’a permis de me connaitre d’avantage, et de prendre conscience de ce que je voulais. J’étais précis avec ma vision et les moyens dont j’avais besoin pour la concrétiser”.

Move Up Madagascar dans une action de nettoyage
Source : page facebook de Move Up Madagascar

C’est à cette même période qu’il créa Move Up Madagascar, une organisation de jeunes présente dans plusieurs régions, pour nous aider (nous les jeunes) à rendre tout ce que nous pouvons à la communauté à travers des actions d’oeuvres et de sensibilisation. “Move Up permet d’apporter un changement radical des comportements, pour, par exemple, la protection de l’environnement. Nous visons l’équité social. Le programme environnemental est d’ailleurs celui qui mobilise le plus de monde. Notre moto c’est “Donner le meilleur à travers des actions simples sans aide extérieure”” m’explique-t-il de manière très assurée.

J’apprend que Move Up Madagascar agit principalement en dehors de Tana, ils ont une antenne de 5 bénévoles à la capitale mais la majorité de leur équipe est à Fianarantsoa.

Le parcours de ce jeune activiste se constitue de beaucoup d’expériences en mobilisation des jeunes, souvent inspirantes pour lui. En 2017, par exemple, il a organisé une action avec 350 jeunes pour nettoyer sa ville. Mais la vie d’un bénévole n’est jamais simple. Il me partage une anecdote avec l’un de ses partenaires : “La perte de financement ça arrive, même à la dernière minute. Lorsque cela nous est arrivé, nous avions décidé de continuer l’action. On a décidé de poursuivre avec nos propres moyens : au lieu de la télé, nous nous sommes positionnés sur les réseaux sociaux; au lieu de dépenser de l’argent pour les hébergements, nous avons fait appel à locaux pour nous accueillir. Et ça a fonctionné !” me dit-il avec un rire franc. “Il faut alors être adaptable. Il y aura toujours des problèmes et des imperfections et nous devons nous reposer sur les moyens disponibles et les personnes ressources de nos réseaux.” 

Les modèles de Tsiry, ce sont les grands hommes comme Nelson Mandela, Barack Obama ou encore Bill Gates. Ce sont des personnes débrouillardes. C’est avec ces inspirations qu’il a construit sa vision de Madagascar. “Ce que je veux pour Madagascar, c’est améliorer la responsabilité des jeunes.” Il me parle longuement de cette fracture générationnelle qui parcourt notre société. Les politiques font trop souvent semblants : ils disent qu’on doit être valorisés, surtout dans les discours internationaux. Mais lorsqu’on rentre à Madagascar ou bien qu’il faut trouver des moyens pour soutenir les actions des jeunes, il n’y a plus rien. Moi, je me battrais pour des actions.” 

Tsiry au Sommet des Nations Unies pour le climat

Source : Tsiry Randrianavelo

“A New York, je vais représenter Madagascar. Ma mission y est de parler aux Chefs d’Etats et de réclamer nos droits à un avenir durable et sain.” Lorsque je lui demande ce qui a été déterminant dans sa sélection, il me donne quelques conseils pour les futurs jeunes qui souhaiteraient postuler “Les actions que j’ai réalisé avec toutes les personnes du mouvement ont été déterminantes. Elles nous permettent d’être visible et par ricochet de rendre visible Madagascar. Il faut également être sincère dans ses actions et son approche, ne pas se vanter, être factuel sur ce qu’on dit et rester terre à terre. Il faut une idée claire de ce qu’on veut et après, le reste suivra.

Son conseil pour notre jeunesse en recherche de reconnaissance et de responsabilité, notre génération climat est “De ne pas écouter ses peurs. Quand on décide de se lancer, il est important d’aller jusqu’au bout. Il faut aussi se constituer en réseaux et s’entr’aider”

Cela tombe bien, le 15, 16 et 17 novembre avec d’autres jeunes, du RCOI par exemple, aura lieu la COY régionale Océan Indien à Madagascar. Un événement auquel toute la jeunesse est invitée pour se mobiliser, construire ensemble et préparer le monde de demain. Tsiry y est vivement invité pour partager son expérience au Nations Unies.

Article écrit par Jay, Exploratrice de possibles.

Site : http://jay.exploratrices.org

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Mirindra, spéculateur d’avenir


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