Infections néonatales

Taux élevé de l’incidence des infections néonatales précoces en milieu urbain

L’incidence d’infection néonatale dite « précoce » est plus forte en milieu urbain qu’en milieu rural, à Madagascar. La différence est importante et les chiffres alarmants, selon la dernière étude pilote de l’Institut Pasteur de Madagascar dans le cadre du projet Birdy.

Taux d’incidence des infections néonatales précoces élevé

22,2% des naissances vivantes sont exposés aux risques d’infections néonatales dans la ville d’Antananarivo, soit en milieu urbain, contre 14,8% à Moramanga, soit en milieu semi-rural. Ces infections néonatales surviennent pour la majorité, à 75% des cas, au cours de la première semaine de vie, et sont qualifiés de « précoces ». L’infection survient entre le 0 et le 6ème jour de vie.

Infections néonatales
Le suivi de la santé du bébé durant sa première semaine est indispensable pour déterminer si le bébé est en bonne santé ou pas.
cc: Pixabay

Ces chiffres résultent de l’étude pilote de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) dans le cadre du projet Birdy, un projet qui vise à dresser un état des lieux des infections du jeune enfant dans les pays à faible revenus, notamment à Madagascar, au Sénégal et au Cambodge. La phase pilote comprend l’analyse de 981 premiers dossiers, incluant 3 quartiers d’Antananarivo et 6 quartiers de Moramanga, entre septembre 2012 et octobre 2014, dont 394 nouveau-nés dans la Capitale et 587 à Moramanga.

Parmi 981 enfants inclus à la naissance, 351 naissances se sont déroulées à domicile.

« Nous avons trouvé que l’incidence d’infection néonatale était de 15,6% naissances vivantes pour les naissances à domicile et de 19,4% pour les naissances en structure de santé », a-t-on appris du communiqué de presse.

Contrairement à ce à quoi l’on s’attendait, l’incidence était plus forte pour les naissances en structure de santé.

Infections néonatales à Madagascar

Les études de l’Institut Pasteur de Madagascar ont démontré que le taux d’infections néonatales confirmées chez les nouveau-nés est de 17,7 pour 1 000 naissances vivantes. Ce taux frôle quasiment les 36 ‰, soit, 35,8 pour 1 000 naissances vivantes, si l’on tient compte des cas probables. Une incidence 40 fois supérieure à celle observée aux Etats-Unis.

Selon les informations obtenues de l’IPM, 75% des infections et décès surviennent au cours de la première semaine de vie du nouveau-né. Deux-tiers des pathogènes identifiés chez les enfants Birdy malades étaient résistants à l’ampicilline et /ou à la gentamicine, des médicaments pourtant recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour traiter les infections néonatales.

infections néonatales
Le Professeur Perlinot Herindrainy, Coordonnateur du projet Birdy, éclaire sur les dangers des infections néonatales.
cc: Book News Madagascar

D’après le Professeur Perlinot Herindrainy, Coordonnateur du projet Birdy, les infections les plus courantes sont la septicémie et la méningite. Le principal facteur de ces infections est la problématique d’hygiène, comme l’a expliqué le Docteur Jean Marc Collard, chef de l’unité de bactériologie expérimentale à l’IPM et co-principal investigateur du programme Birdy.

Symptômes

Le projet Birdy inclut la prise en charge des malades et la sensibilisation communautaire, réalisée en collaboration avec la Coopération monégasque. La sensibilisation vise surtout à attirer l’attention des mamans à la reconnaissance des signes d’infections néonatales chez l’enfant dès les premiers symptômes :  température supérieure ou égale à 38°C, réactions extérieures singulières… Les symptômes peuvent être variés, comme l’a expliqué le Docteur Jean Marc Collard.

infections néonatales
Le Docteur Jean Marc Collard, chef de l’unité de bactériologie expérimentale à l’IPM et co-principal investigateur du programme Birdy, parle des symptômes des infections néonatales.
cc: Book News Madagascar

Etude approfondie sur les bébés prématurés

Une seconde phase du programme, le projet Birdy 2, commencera au deuxième semestre de cette année 2018 pour une durée de trois ans. Ce nouveau projet va mettre en œuvre une approche « One Health » pour une étude approfondie de la transmission intradomiciliaire des bactéries résistantes aux antibiotiques. Une étude sur les bébés prématurés sera également menée, car des cas concernés présentaient des bébés prématurés. Les chercheurs mèneront une étude pour évaluer l’incidence auprès de ces enfants prématurés.

Tiasy

0 comments on “Taux élevé de l’incidence des infections néonatales précoces en milieu urbainAdd yours →

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *