Madagascar fait partie des pays les plus exposés aux catastrophes en tout genre, notamment les catastrophes naturelles, en Afrique. Depuis des décennies, le pays fait face à des catastrophes aux dégâts considérables, tant humains que matériels, entraînant ainsi des dépenses économiques importantes qui impactent sur son développement. Face à cela, il est primordial de se battre pour réduire les risques liés aux catastrophes à Madagascar. Un combat d’envergure dans un pays où la population et les institutions sont habituées aux aides extérieures, et où les habitants sont culturellement peu conscients des désastres que peuvent réellement engendrer les catastrophes.

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Réduire les risques liés aux catastrophes : un challenge… national…

Madagascar est un pays exposé à divers catastrophes, notamment les catastrophes naturelles. La Grande île se trouve dans la partie la plus exposée aux catastrophes naturelles dans l’Océan Indien. Depuis l’année 1990 jusqu’en 2015, une étude révèle que le pays a été sujet à 63 cataclysmes, soit donc deux catastrophes naturelles par an. 

Ces cataclysmes naturels ont engendré 330 millions de dollars de dommages et de pertes économiques en 2008, soit 4 % du PIB national. Pour affronter ces intempéries, la Grande Île a besoin de 36 milliards de dollars, chaque année.

La catastrophe naturelle qui frappe le plus fréquemment l’île est le cyclone. Madagascar étant le pays le plus exposé aux cyclones en Afrique.

Toutefois, le pays est également sujet aux inondations, à la sécheresse, aux éboulements, aux invasions acridiennes, et présente des risques d’exposition aux tsunamis.

Si le pays est fréquemment frappé par les catastrophes depuis presque plus de 20 ans maintenant, en termes de mesures prises, la situation n’a presque pas changé. En effet, Madagascar doit constamment faire appel aux aides extérieures pour faire face aux catastrophes naturelles, et cela chaque année. De même, chaque année, nous faisons face à d’énormes dégâts matériels, notamment en Provinces, et perdons des vies.

Les lourds bilans sont même devenus tellement habituels que ce serait plus un bilan positif qui choquerait la population, déjà habituée à la une des journaux annonçant « x décès » et « x portés disparus » à chaque catastrophe.

Antananarivo inondée par les eaux. cc: Facebook

Tout cela sous les yeux d’un Gouvernement qui est au courant que Madagascar fait partie des pays les plus exposés aux catastrophes dans l’Océan Indien, mais qui, semble-t-il, n’aurait pas assez de moyens financiers ou encore de stratégie adaptée pour procéder à une réduction des risques de catastrophes, et cela, malgré l’existence du Bureau national de la gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), de l’Institut et Observatoire de Géophysique d’Antananarivo (IOGA), qui sont des institutions dédiées à la gestion et la réduction des risques de catastrophes dans la Grande île.

Rien que le 28 janvier dernier, à cause des fortes pluies, une trentaine de personne et décédée, et plus de 16 000 personnes ont été déplacées

Le dernier cyclone en date qui a frappé Madagascar en Décembre dernier a « fait état de 2 morts, 1 742 sinistrés, 1 472 personnes déplacées, 55 cases inondées et 22 autres détruites pour les régions Boeny, Diana et Melaky », comme l’a rapporté le journal en ligne Madagascar Tribune.

Et pourtant, des actions ont été menées dans le pays pour réduire les dégâts, notamment les campagnes de sensibilisation et d’éducation. Ce fut le cas il y a 20 ans passés, comme le raconte Rakotomalala Hariliva, Secrétaire général de la Préfecture de Toamasina. Un exercice de simulation au tsunami a également été réalisé à Vatomandry, il y a une dizaine d’années.

En 2012, le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies, le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (Unocha) et le BNGRC ont mené une campagne de sensibilisation auprès du secteur privé afin de l’encourager à s’engager plus dans les actions humanitaires. Ces mesures concernent plus la gestion des risques et des catastrophes.

Mais malgré toutes ces actions, la gestion et la réduction des risques et des catastrophes demeure un challenge national.

Mais ceci n’est pas seulement un challenge national, il s’agit d’un challenge international.

… Mais aussi international

J’ai eu l’opportunité de participer à une formation pour les journalistes sur la réduction des risques liés aux catastrophes, en Janvier dernier, à Mombasa, Kenya.

Une des choses que j’ai appris là-bas, c’est que dans tous les pays africains, la problématique demeure la même : nous faisons face à une barrière culturelle, où un peuple demeure peu consciente de l’importance du danger en termes de catastrophes naturelles, et à un gouvernement dépendant des financements extérieurs.

réductions des risques de catastrophes
Les journalistes africains ont été formés sur la réduction des risques de catastrophes. cc :Book News Madagascar

Quand je dis peu conscient du danger, il ne s’agit pas d’une hyperbole. Malgré les pertes humaines qui sévissent à chaque catastrophe, à Madagascar, mais aussi dans d’autres pays de l’Afrique, comme au Malawi, ou encore en Mozambique, les habitants ont cette façon de penser : « Cela n’arrive qu’aux autres ».

Soutenant cette philosophie par des croyances selon laquelle personne ne meurt sauf le jour de sa mort, ou encore que Dieu sera toujours là pour les garder, les populations préfèrent camper dans leur position plutôt que d’écouter les autorités, d’obéir et de se faire déplacer lors des périodes de catastrophes.

D’autre part, ces derniers sont persuadés qu’une aide arrivera toujours, dans le pire des cas, donc à quoi bon paniquer…

Quant aux gouvernements, ces derniers dépendent plus des aides extérieures et préfèrent déclarer l’état d’urgence ou le sinistre national plutôt que de développer des stratégies et des politiques nationales pour réduire les risques de catastrophes.

Bien entendu, des actions sont menées, mais celles-ci ne sont pas assez importantes pour éviter les pertes qui arrivent à chaque période de catastrophes.

Pourquoi réduire les risques de catastrophes ?

Cette question ne devrait même pas se poser. Il est clair qu’il faut réduire les risques de catastrophes pour éviter les dégâts, tant matériels qu’humains.

Ceci n’est pas juste le travail du gouvernement, des institutions étatiques, des institutions spécialisées ou de certaines entités. Ceci est le combat de tout le monde. Il faudrait déjà commencer par être conscient des plus petites choses : jeter nos sachets de plastiques dans les bouches d’évacuation augmente déjà le risque d’inondation… Bâtir nos maisons sur les canaux, en hauteur, etc… Tout cela augmente les chances de faire face à des catastrophes.

Et dans tout cela, n’oublions pas que l’éducation est un des facteurs-clés pour faire comprendre ce message à toute une population. Les populations devraient d’ailleurs être conscientes de la réalité du danger dès leur plus jeune âge.

C’est ainsi que des associations et organisations ont décidé d’intégrer les jeunes dans les programmes et projets de réduction des risques de catastrophes. Comme c’est le cas à Madagascar.

(à suivre)

Tiasy


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