Moins de défrichements et de coupes illicites des forêts ont eu lieu en 2018 dans le Parc national Mantadia Analamazaotra, à Andasibe. Des résultats positifs réalisés grâce au travail de la Gendarmerie nationale, des Agents de Parcs, des Comités locaux, des Cosap et de Madagascar National Parks. Toutefois, des défis restent à relever. Le combat est encore loin.

Diminution de l’exploitation illicite des forêts au sein du Parc national Mantadia Analamazaotra

Environ 26 hectares de forêt ont été défrichés au sein du Parc national Mantadia Analamazaotra, en 2018. Un chiffre revu à la baisse, par rapport aux superficies défrichées dans les années précédentes au sein du parc-même depuis les quatre dernières années, et aux superficies défrichées dans les autres Parcs nationaux, tels qu’Ankarafantsika ou Midongy qui ont enregistré respectivement des pertes d’environ 4 000 et 1 500 à 1 600 hectares.

L’exploitation illicite peut prendre deux formes : celle perpétrée dans les zones non protégées, celle perpétrée dans les zones protégées.

Parc national Analamazaotra Mantadia
Simon Randriarimalala, un Agent du Parc national Analamazaotra Mantadia. cc: Book News Madagascar

Selon Simon Randriarimalala, Agent du Parc, environ 40 pieds ont été coupés au sein du Parc national Mantadia Analamazaotra, en 2018, soit 5 à 6 pieds coupés par mois.

« Cela a quand même beaucoup baissé. Nous avions mobilisé une Brigade mixte qui fait le va-et-vient dans les forêts. Nous faisons la patrouille, de jour comme de nuit. Des individus qui voulaient procéder à des coupes illicites ont d’ailleurs été attrapés en 2018 », a poursuivi notre Agent du Parc.

Selon Yvon René Randriamiarana, Chef de Poste Avancé ZP Andasibe, l’un de ces individus a été attrapé. L’autre a pris la fuite et n’a pas été retrouvé jusqu’à présent.

« C’est des personnes habitant eux-mêmes dans la région », a expliqué le gendarme.

Parc national Mantadia Analamazaotra
Yvon René Randriamiarana, Chef de Poste Avancé ZP Andasibe. cc: Book News Madagascar

8 cas de défrichement ont été enregistrés en 2018 au sein de la Gendarmerie nationale Andasibe. Sur ces 8 cas, certains auteurs demeurent introuvables. 5% de ces infractions ont été réalisées dans les zones protégées.

Menaces

Les menaces qui pèsent sur les forêts du Parc Mantadia Analamazaotra sont essentiellement la coupe sélective, qui est une méthode de coupe partielle visant à récolter les essences les plus importantes des arbres de taille et de qualité précises; et le défrichement, souvent provoqué par le « tavy ».

La coupe sélective et les défrichements ont notamment lieu en période de soudure, c’est-à-dire du mois de janvier au mois de mars. Au sein du Parc national particulièrement, la palissandre ou « voamboana » et l’« ambora » sont les plus grandes victimes de ces menaces.

Mesures prises

Suite à ces menaces, en Janvier 2017, la Madagascar National Parks (MNP) utilise le logiciel Smart. Ce logiciel a pour fonction d’enregistrer les patrouilles et les surveillances effectuées par les Agents et les Comités locaux de parcs (CLP) ainsi que les pressions et les données issues des observations de la biodiversité qu’ils ont rencontrées. Les analyses des données mensuelles, trimestrielles, semestrielles et annuelles, tant au niveau des Unités de gestion qu’au niveau du réseau, ont permis la planification et le réajustement des stratégies de conservation.

Parc national Mantadia Analamazaotra
Une des aires protégées du Parc national Mantadia Analamazaotra est équipée d’une barrière de contrôle qui sert à contrôler les tickets des touristes. cc: Book News Madagascar

Depuis 2018, la Gendarmerie nationale,  le CLP et le Comité d’orientation et de soutien à l’aire protégée (Cosap) et Madagascar National Parks se sont alliés pour gérer et protéger le Parc national Mantadia Analamazaotra dans la région d’Andasibe.

 « En 2018, 14 894 jours de patrouilles des Agents de Parcs, personnel de MNP, et 20 949 jours de patrouilles de villageois organisés en CLP ont été réalisés sur tout le réseau », a-t-on appris du communiqué de presse de la MNP.

Le concept « Gestion de type collaboratif » a été mis en place pour permettre aux populations locales de s’impliquer dans la gestion des Aires protégées, à travers un cadre clair et formel. De cette démarche sont nés le CLP et le Cosap.

Les CLP assurent les activités de conservation, entre autres la co-surveillance, la main d’œuvre pour la mise en place et l’entretien des infrastructures de conservation et le site de restauration, l’éradication des espèces envahissantes. Depuis 2013, les CLP assurent la patrouille sur plus de 45% de la superficie totale surveillée par les Agents de Parcs du réseau.

Les Cosap, quant à eux, jouent le rôle de conseiller du gestionnaire de l’Aire protégée. Ils gèrent la communication, l’information, l’animation et le lobbying de l’Aire protégée aux niveaux local et régional.

« Nous faisons aussi de la sensibilisation auprès de la communauté sur l’importance de la conservation des forêts par rapport à l’environnement et les bienfaits qu’ils apportent sur le développement du tourisme et la lutte contre le changement climatique », renforce Abdoul Kader Ismael, Vice-président du Cosap.

Toujours en 2018, en application de la stratégie d’appui au développement des zones périphériques des Parcs et réserves, 113 microprojets ont été menés à terme dans tout le réseau au titre des appuis aux communautés riveraines.

Parc national Mantadia Analamazaotra
Abdoul Kader Ismael, Vice-président du Cosap. cc: Book News Madagascar

Ces micro-projets font un total de 124 millions d’Ariary environ et ont été financés par la MNP et les différents partenaires.

De la typologie de ces micro-projets, les sous-projets relatifs à  la foresterie représentent plus de 55% que cela soit dans le cadre des restaurations, notamment des mangroves, de reboisement ou de dotation de jeunes plants ou de pots plastiques. Les sous-projets relatifs à l’agriculture représentent quant à eux environ 17%. D’autres sous-projets relatifs aux infrastructures communautaires et à l’élevage existent également.

Toujours dans un esprit de protection et de conservation, la MNP a procédé à une restauration forestière, vendredi dernier, au sein du Parc Mantadia Analamazaotra. Cette action vise également la contribution directe de MNP à l’atteinte de la politique générale de l’Etat qui est de planter 40 000 arbres chaque année.

Parc national Mantadia Analamazaotra
Avec la communauté, les autorités locales et des citoyens, la MNP a procédé à une restauration forestière, vendredi dernier, à Andasibe. cc: Book News Madagascar

Défis

Parc national Mantadia Analamazaotra
Le fameux arbre “ambora” abattu en 2018. cc: Book News Madagascar

Malgré les mesures prises par les autorités locales, les communautés et la MNP, ces derniers doivent encore faire face à des défis. Le défrichement par les feux de brousse fait partie des principaux obstacles à la protection et à la conservation des forêts de la Grande île.

« Nous faisons face à 90 000 points de feux par an, dont 1 900 dans des Parcs nationaux. La MNP a perdu 10 000 hectares de forêts en 2017 », a rapporté le Docteur Mamy Rakotoarijaona, Directeur des opérations techniques au sein de la MNP.

En ce qui concerne la coupe sélective, 14 400 pieds ont été coupés dans les Parcs nationaux de Madagascar en 2018.

En ce qui concerne le Parc national Mantadia Analamazaotra Mantadia spécialement, les Agents de parc ne sont pas suffisants. Le Parc national compte actuellement 18 Agents pour une superficie de 16 354 hectares. Chaque mois, leur patrouille recouvre une superficie de 14 000 hectares.

Il est aussi rapporté que les individus qui coupent illicitement les arbres ont derrière eux des politiciens qui les soutiennent. Un fait renforcé par la Gendarmerie et le Cosap.

Madagascar National Parks

Parc national Mantadia Analamazaotra
La piscine naturelle au sein du Parc Mantadia. cc: Instagram/tiasparamore

Madagascar National Parks gère actuellement 27 Parcs nationaux, 14 Réserves spéciales et 2 Réserves naturelles intégrales. Ces sites couvrent en tout une surface de plus de 2 millions d’hectares. Le taux d’endémicité dépasse les 90%.

Parmi les 43 Aires protégées, 17 jouissent de label internationaux : 7 sont classées patrimoines mondial de l’Unesco, 5 Réserves de Biosphère, 5 classées sites Ramsar.

Tiasy


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