J’ai eu l’opportunité de couvrir le Premier Meetup agile, samedi, à Anosy, Antananarivo –Madagascar. J’y ai découvert cette méthode si simple utilisée pour la gestion de projets, notamment dans le domaine informatique. Pourtant, je me disais que l’application de cette méthode dans le domaine industrielle en général permettrait d’améliorer la productivité industrielle dans la Grande île. Analyse.

Problèmes déjà discutés

Je vais commencer cette analyse par raconter ces problèmes déjà discutés à maintes et maintes reprises dans les locaux administratifs et sur ces grandes tables d’hôtels, exposés plusieurs fois dans les médias, et cela depuis des années, et chaque année le bilan semble s’alourdir…

L’industrie malagasy représente 14,8 % du PIB, soit environ 1/10 du PIB. Une fraction importante mais insuffisante. En effet, lors d’une conférence publique organisée au Colbert Antaninarenina au mois d’août dernier, l’Alliance pour l’industrialisation durable de Madagascar (AIDM) a présenté la situation actuelle du secteur, qui semble alarmante. L’indice global est en effet, sur une échelle de 100, basée à 26.

Parmi les problèmes rencontrées par le secteur industriel à Madagascar, l’on peut citer, selon les enquêtes menées par le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem) : la faiblesse du pouvoir d’achat domestique, la mauvaise qualité des infrastructures, l’insécurité, les difficultés d’accès à l’énergie, les coûts de transport, la concurrence déloyale, l’instabilité du taux de change, les dispositions fiscales et douanières, les offres bancaires non incitatives.

Problèmes un peu moins discutés

Je vais maintenant parler de ces problèmes moins discuter sur les tables, moins véhiculés dans les médias ou véhiculés « avec modération », et qui pourtant, présentent vraiment – de mon point de vue – une faille à l’industrialisation à Madagascar. Il s’agit de la façon dont les chefs, les cadres, ces personnes ayant une place hiérarchiquement plus « haute » dans une société, qui ne savent pas gérer leur personnel comme il se doit.

J’ajoute donc à la liste des problèmes susmentionnés: le manque de motivation des employés au sein des différentes sociétés suite à la mauvaise gestion et administration des employeurs, le manque de capacités en gestion de projet et d’entreprise… Bref, le manque de méthodologie de gestion de projet chez le patronat, qui serait plus adaptée aux ressources humaines actuelles.

Bref, tout cela constitue un frein à la croissance économique, l’innovation, la concurrence loyale, la productivité, etc…

Les freins sont nombreux, et beaucoup de solutions doivent être pensées. Toutefois, en ce qui concerne la faiblesse de productivité, suite au Meetup agile auquel je suis allée Samedi dernier, je me suis dite que celui-ci pourrait fortement aider à augmenter cette dernière… Cette productivité accrue est d’ailleurs renforcée par tous les Agilistes qui ont rassuré sur l’efficacité de cette méthode de gestion de projet dans l’accroissement de la productivité.

Meetup agile

Le public a été invité à jouer à un jeu pour mieux comprendre la méthode agile.
cc: Tiasy

Mais la méthode agile, en quoi ça consiste au juste ?

La méthode agile

Meetup agile

cc: Tiasy

Meetup agile

Ouverture du Meetup agile par Hobimanjaka Rakotondrabe, Manager de Passion For Humanity.
cc: Tiasy

La méthode agile consiste à gérer un projet en se basant sur une approche plus humaine des différents acteurs du projet pour faciliter sa réalisation, la satisfaction du client et ainsi optimiser la productivité. Il s’agit plus d’un état d’esprit  que d’une méthode en elle-même, basé sur quatre manifestes agiles – comme on les appelle : les individus et leurs interactions plus que le processus et les outils, un logiciel fonctionnel plus qu’une documentation exhaustive, la collaboration avec le client plus que la négociation contractuelle, l’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan.

Pour faire simple, la méthode agile est basée sur la collaboration d’une équipe et de celle-ci avec le client – si l’on prend en exemple un projet informatique – durant tout le processus du projet pour faciliter la communication et la bonne transmission d’un message, comprendre les visions de chacun, favoriser la créativité et éviter un mauvais résultat du produit au final.

Collaborer pour une meilleure productivité

« Collaboration libre et étroite avec son équipe », c’est le message qui m’a le plus engagée, samedi, à Anosy. Pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des « boss » dans les sociétés à Madagascar imposent plus qu’ils ne consultent. Vous allez dire que c’est ce que le « boss » est sensé faire. Eh bien, justement ! J’ai appris samedi qu’un boss est plus un décideur et un superviseur. Etant moi-même à la tête d’une petite start-up, je suis bien placée pour en parler.

Avec la méthode agile, un boss consulte son équipe pour exposer la situation du projet et prendre en compte toutes les idées. Avec son équipe, il élabore les termes de référence, les plans d’actions, les différents plannings à réaliser… Il travaille avec son équipe tout au long du processus et il est ouvert à toutes les suggestions.

D’autre part, le boss reste en contact permanent avec le client car celui-ci peut lui aussi avoir des choses à dire. Le chef a donc pour devoir de réaliser un projet créatif avec son équipe, tout en satisfaisant son client. Chose évidente pour toute société qui se respecte.

Psychologiquement parlant, plus une équipe – et un client – sont satisfaits, plus ils sont motivés. Plus il y a motivation, plus la productivité – et la demande – se multiplie.

Tout cela ayant été expliqué, le concept de l’Agilité demeure relativement simple. Pour en savoir plus, je vous invite à assister aux prochains Meetups agiles et à visiter ces quelques liens ci-dessous.

Premier Meetup agile

Meetup agile

Le premier Meetup agile a réuni plus d’une soixantaine de participants.
cc: Tiasy

En ce qui concerne ce premier Meetup agile, il a été organisé par Bocasay et Passion For Humanity. Cet évènement a été organisé pour faire connaître la méthode agile à Madagascar.

« C’est une méthode qu’on utilise vraiment sur tous nos projets. On s’est rendus compte qu’à Madagascar, on a une connaissance de l’Agile qui est très limitée, voire même faussée. Ça nous a motivés pour changer un peu les choses. Il faudrait faire connaître réellement c’est quoi l’Agile, que cela apporte-t-il, et ceci est le premier d’une série de meetups que l’on va réaliser », a expliqué Hery Rakotoarison, Directeur général de Bocasay.

Pour cette première édition, les participants ont été sensibilisés via les réseaux sociaux. Une première édition réussie, avec plus de 60 participants sur 40 personnes visées, issus de domaines variés.

« Il y a un fort engouement, il y a beaucoup d’intérêt pour l’Agilité. L’Agile parle à tous les domaines d’activité ! », a renforcé Hobimanjaka Rakotondrabe, Manager à Passion For Humanity.

Tiasy

En savoir plus sur la méthode agile, voici quelques liens utiles:


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