Pendant qu’une grande partie des Tananariviens restent confinés chez eux, la ville est rapidement vite devenue un terrain de jeu pour les marchands ambulants et forces de l’ordre. Entre les deux parties, une guerre froide est entamée.

Guerre quotidienne

Si les forces de l’ordre tentent bien que mal de faire respecter les mesures propres à la situation actuelle, les marchands ambulants ne l’entendent pas de cette manière. Dernièrement avec la reprise, plus ou moins, à la normale des activités économiques, certains Tananariviens recommencent à respirer. Une joie de courte durée. Le reconfinement total a été vite décrété par La Présidence suite à la hausse du nombre des cas. Marchands ambulants sont ainsi contraints de suivre une directive stricte : fin des activités. Une réalité difficile à vivre étant donné que leurs activités constituent leur gagne-pain au quotidien. Impossible ainsi pour eux de rester confinés au risque de jouer à un jeu malsain avec les forces de l’ordre.

marchands ambulants
Les forces de l’ordre doivent interpeller les marchands ambulants à midi pour qu’ils remballent leurs marchandises. cc: Facebook/Polisim-pirenena Malagasy

En effet ces dernières sont tenues de faire respecter les mesures relatives à l’état d’urgence sanitaire. Déambulant dans les rues, elles chassent ainsi les vendeurs ne respectant pas ces mesures.

«  Comment suis-je censé nourrir ma famille si je ne travaille pas ? Si j’aperçois de loin les forces de l’ordre, je fuis à toute vitesse. Sinon, un de nos camarades est tenu d’alerter le reste du groupe. »

témoigne un marchand.

Les marchands savent pertinemment qu’ils risquent de lourdes sanctions si les forces de l’ordre les attrapent. Pour autant, cela ne les empêche pas de continuer à travailler. Et pour pallier la situation, les vendeurs ne manquent pas d’idées. Un culte du système D remarqué aussi chez les gargotiers, tenanciers de bars,  vendeurs de petits services et même les ribaudes.

Afin d’attirer les clients et gagner quelques sous, rien que pour la matinée, certains vendeurs ne ferment qu’à moitié leurs kiosques. D’autres n’hésitent pas à aborder directement les passants pour proposer des services. Les plus malicieux paient des « mercenaires » jouant le rôle d’un système d’alerte. Si des forces de l’ordre approchent, ils émettent un son spécial en guise d’alerte. Une fois que les forces de l’ordre entrent en scène, la chasse commence. Dans la foulée et la précipitation, les vendeurs ferment rapidement les boutiques tandis que d’autres fuient à grandes enjambées. Ceux qui sont interpellés peuvent risquer gros, car ils sont en même temps embarqués avec leurs marchandises. Une situation qui ne risque pas de prendre fin tant que le confinement total perdure.

Andriamalala Karinne


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