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Actions d’adaptation et de résilience climatique à Madagascar – Une évaluation durant la Plateforme globale pour la réduction des risques de catastrophes

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Après une sixième session qui s’est tenue à Genève, Suisse, en mai 2019, la septième session de la Plateforme globale pour la réduction des risques de catastrophes aura lieu du 23 au 28 mai 2022 à Bali, Indonésie. Les activités réalisées par la Grande île depuis ces sept dernières années, après l’adoption du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes (2015-2030), seront évaluées.

 

Les efforts à évaluer

 

Une session challengeante. Deux ans après la crise sanitaire liée à la Covid-19 qui a touché le monde entier, la septième session de la Plateforme globale pour la réduction des risques de catastrophes (GPDRR) se tiendra à Bali, Indonésie, du 23 au 28 mai prochain. La dernière session s’est en effet tenue en mai 2019 à Genève, Suisse.

Cette session sera une occasion pour les 187 Etats membres des Nations unies d’évaluer les actions réalisées depuis 2015, mais surtout jusqu’à 2020, suite à certains objectifs fixés. Parmi ces objectifs, l’augmentation du nombre de pays dotés de stratégies nationales et locales de réduction des risques de catastrophe, qui aurait dû être atteint en 2020.

Pour le cas de Madagascar, des efforts ont été réalisés jusqu’en 2020. Selon le deuxième rapport de Madagascar pour l’examen national volontaire sur les objectifs de développement durable 2021, durant le Forum Politique de Haut Niveau en juillet 2021, publié par le Ministère de l’Economie et des finances, « actuellement, 11 régions sur les 22 ont des activités d’adaptation et de résilience climatique. »

En effet, « après avoir stagné depuis 2015, le nombre d’activités est passé à 15 en 2020. Ces activités sont menées par les projets « Paysages Durables dans l’Est de Madagascar », « Readiness PNA », « PACARC », AFRICE », « REDD+ » et « UNHABITAT ».

D’autre part, la lutte contre le changement climatique enregistre un avancement significatif sur les activités. Cependant, les régions bénéficiaires ont stagné à 11, de 2016 jusqu’au 2020.

 

Le nombre des activités par région et les régions bénéficiant des activités d’adaptation et résilience au changement climatique, appuyées par des projets locaux ou nationaux

Le secteur Météorologie participe également à la résilience face au changement climatique à travers l’élaboration et la diffusion des bulletins de prévisions saisonnières mis à jour selon le contexte au niveau des régions, selon toujours le document.

Depuis 2016, plusieurs systèmes ont été mises en place :
– Mise en place des systèmes d’annonces de crues à Vatovavy-Fitovinany et Atsimo-
Atsinanana du PUPIRV/CPGU
– Mise en place du système d’alerte multi-danger (Forte houle, vent fort, forte pluie)
2017 :
– Mise en place du système d’alerte multi-danger (Forte houle, vent fort, forte pluie)
2018 :
– Mise en place du système d’annonce de crues à Menabe du CROIX ROUGE MALAGASY
– Révision du seuil des fortes pluies
2019 :
– Révision du seuil des fortes pluies
– Opérationnalisation du système de prévision cyclonique 5 jours (GRC)
– Mise à niveau de la carte de prévision de trajectoire cyclonique
– Révision des produits de la surveillance de climat et production de bulletin climatologique
mensuel et annuel
– Acquisition des équipements informatiques avec PRADA
– Elaboration atlas Hydroélectrique avec ONUDI
– Projet IOS-Net : Indian Ocean Network, installation des stations utiles pour les études
de la capacité en énergie solaire à Madagascar
– Projet MEDAIR :
– Installations des stations météorologiques avec détecteurs de foudres
– Démonstration sur les consultations des données des stations météorologiques
automatiques (avec détecteur de foudre) sur les stations de Fianarantsoa et d’Antsiranana
– PROJET PRADA: l’amélioration du Système d’Alerte Précoce (SAP) sur la pêche maritime
existant
– Formation à l’ACMAD d’un prévisionniste et un technicien en Informatique et acquisition
de quatre stations météorologiques automatiques dans le cadre du projet SARCIS- DR
2020 :
– Acquisition des stations hydrométéorologique AVEC PACARC
– Mise en place du système d’Alerte Commun (CAP)
– Révision des produits de surveillance de climat et production de bulletin climatologique
mensuel et annuel
– Installation des stations météorologiques automatiques avec le projet PRCCC, PACARC
– Acquisition de quatre stations météorologiques automatiques dans le cadre du projet
SARCIS- DR

Enfin, des mesures relatives ont été incorporées dans les politiques, les stratégies et la planification nationale. Dans ce cadre, la lettre de politique de l’énergie de Madagascar
2015-2030, intègre la Politique de Changement Climatique parmi les politiques majeures
régissant le secteur de l’énergie. Le Plan directeur de la recherche sur l’environnement
relatif au changement climatique 2015- 2019 a permis de faciliter l’intégration des
considérations dans la définition des cadres de stratégie et de politique à différents niveaux
grâce au développement des connaissances scientifiques, technologiques et innovantes. Madagascar a élaboré un document de référence intitulé «Contribution Prévue
Déterminée au niveau National» (CPDN). Ce document vise la mise en œuvre de mesures
d’adaptations aux effets des changements climatiques et les actions pour la réduction et
absorption des émissions de Gaz à effet de serre (GES).

Des perspectives pour 2030

Dans le cadre de Sendai, un des objectifs pour 2030 vise a réduire sensiblement les dommages causés par les catastrophes aux infrastructures essentielles et l’interruption des services de base, notamment les établissements de santé et d’enseignement, y compris en développant leur résilience. A l’horizon 2030, Madagascar envisage ainsi une réduction de l’ordre de 30 MtéqCO2 de ses émissions de GES, soit 14% par rapport au scénario « Business As Usual » (BAU), selon le deuxième rapport de Madagascar pour l’examen national volontaire sur les objectifs de développement durable 2021.

En outre, Madagascar a ratifié le Protocole de Kyoto en 2003 et l’Accord de Paris en 2016
concernant le changement climatique. Le pays dispose des politiques et stratégies nationales
relatives à la lutte contre le changement climatique, à savoir : Contributions Déterminées
au niveau National (CDN) de Madagascar, Politique Nationale de Lutte contre les
Changements Climatiques (PNLCC), Plan National d’Adaptation (PNA), Plan d’Action
National de Lutte contre les Changements Climatiques (PANLCC), Plan d’Actions National
d’Adaptation du Secteur Santé (PNASS), Programme d’Action National d’Adaptation,
Stratégie Nationale du Mécanisme du Développement Propre et Guide d’intégration
de l’adaptation aux changements climatiques dans les documents de planification local.

Rappelons qu’en février 2016, Madagascar a modifié sa Loi sur la Gestion des Risques et des Catastrophes afin d’inclure les engagements et les directives du Cadre de Sendai.

La plateforme globale pour la réduction des risques de catastrophes

La Plateforme globale pour la réduction des risques de catastrophes est un mécanisme essentiel pour examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe. Lors de cet évènement, les gouvernements, le système des Nations unies et toutes les parties prenantes se réunissent pour identifier les moyens d’accélérer encore la mise en œuvre du Cadre de Sendai. Depuis 2007, six sessions de la Plate-forme mondiale ont eu lieu. Les résultats sont reconnus par l’Assemblée générale comme une contribution aux délibérations du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (HLPF), qui se tient chaque année en juillet, et contribuent ainsi à la mise en œuvre et au suivi du Programme de développement durable à l’horizon 2030 en tenant compte des risques.

Le GPDRR 2022 devrait produire les résultats suivants (https://globalplatform.undrr.org/about) :

  • Bilan consolidé des progrès de la mise en œuvre du Cadre de Sendai par les États membres et les parties prenantes, et réalisation des objectifs liés aux risques de catastrophe de l’Agenda 2030 pour le développement durable.
  • Recommandations d’actions pour les décideurs politiques dans les domaines du développement durable, des finances et de la planification économique, de la réduction des risques de catastrophe et du commerce international, des actions sur le climat et les écosystèmes, de la coopération internationale.
  • Recommandations d’actions liées à la réduction des risques de catastrophe adaptées aux besoins spécifiques des pays les moins avancés (PMA), des pays en développement sans littoral (PDSL) et des petits États insulaires en développement (PEID), en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte.
  •  Pratiques innovantes et bonnes pratiques en matière de gestion du COVID-19 de la part de la communauté de la réduction des risques de catastrophe et recommandations pour une action de l’ensemble de la société en vue de la préparation et du renforcement de la gestion des risques liés aux épidémies.
  •  Sensibilisation accrue aux bonnes pratiques de mise en œuvre du cadre de Sendai pour la réduction des risques et le renforcement de la résilience, y compris l’utilisation d’approches, d’outils et de méthodologies innovants.
  • Contribution à l’examen à mi-parcours du cadre de Sendai qui se tiendra en 2023, ainsi qu’au Forum politique de haut niveau sur le développement durable qui se tiendra à New York en juillet 2022.

Le cadre de Sendai

Le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030 (Cadre de Sendai) a été le premier accord majeur de l’agenda de développement post-2015 et fournit aux États membres des actions concrètes pour protéger les acquis du développement contre le risque de catastrophe. Le Cadre de Sendai travaille main dans la main avec les autres accords de l’Agenda 2030, notamment l’Accord de Paris sur le changement climatique, le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, le Nouvel agenda urbain et, en fin de compte, les Objectifs de développement durable.

Il a été approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies à la suite de la troisième Conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophe (CMPRC) de 2015, qui s’est tenue à Sendai, Miyagi (Japon), du 14 au 18 mars 2015. Il préconise : la réduction substantielle des risques de catastrophes et des pertes en vies humaines, en moyens de subsistance et en santé, ainsi que des actifs économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux des personnes, des entreprises, des communautés et des pays.

Le Cadre de Sendai est l’instrument qui succède au Cadre d’action de Hyogo (CAH) 2005-2015 : Renforcer la résilience des nations et des communautés face aux catastrophes. Il est le résultat de consultations des parties prenantes initiées en mars 2012 et de négociations intergouvernementales tenues de juillet 2014 à mars 2015, qui ont été soutenues par l’UNDRR à la demande de l’Assemblée générale des Nations unies.

L’UNDRR a pour mission de soutenir la mise en œuvre, le suivi et l’examen du Cadre de Sendai.

Tiasy

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