Je n’arrive pas à croire que j’écris sur la CAN, que j’écris sur la PARTICIPATION DE MADAGASCAR A LA CAN 2019 ! Mais non, ceci n’est pas un rêve ! Nous sommes bien au vingt-et-unième siècle, année 2019, mois de juillet, et nous assistons à l’écriture de l’histoire.

English version avalaible on https://bit.ly/2NIGzxT

Yes, they did !

Il y a beaucoup à dire sur cette participation de l’équipe des Barea http://www.midi-madagasikara.mg/a-la-une/2019/07/08/football-can-heroiques-les-barea-de-madagascar-qualifies-pour-les-quarts/ à la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Tellement à dire que je pense que même un livre ne suffirait pas. Il y a des points positifs, il y a des points négatifs. Mais aujourd’hui, je voudrais parler d’un point positif. Celui dont on parle déjà tous, en fait, dans les bus, dans les salons de coiffure, dans les bars, sur les réseaux sociaux. Cet exploit des Barea depuis le début de la CAN 2019 qui se déroule en Egypte depuis le 21 juin 2019 et qui ne prendra fin que le 19 juillet prochain.

“They did it !” – “Ils l’ont fait!”

 Les Barea ont fait la CAN 2019. Après des années de rêve, de travail, d’exercices, de persévérance, ils ont enfin réalisé leur rêve, mais aussi le rêve de tout un peuple : participer à une compétition internationale : d’abord la CAN, qui est le premier pas vers tous les championnats internationaux, notamment la Coupe du Monde de football qui se tient tous les quatre ans.

Je me rappelle encore, il y a dix ans, quand j’avais demandé à ma mère :

  • Rahoviana vao mba hanao « championnat » ‘zany tsika ry Neny ?(1)
  • Eeeeeeeeh… Nofinofy ‘ki zany !(2)

On n’y croyait pas. Oui, c’est triste à dire mais nous ne croyions nullement en notre équipe nationale. Nous les avions dénigrés au plus haut point. Même qualifiés pour la CAN, nous avions tous pensé que les Barea seraient éliminés au premier tour. Des victoires durant les matchs, possiblement, mais pas au point d’être qualifiés pour les huitièmes.

madagascar at total afcon 2019
The Barea team did the impossible. cc : Youtube

But yes, they did it ! They played at the CAN and they won!

Avec un parcours exceptionnel, les Barea ont impressionné les nationaux tout comme les étrangers. Depuis le début de la CAN, ils ont enchaîné les victoires. Lors des huitièmes, ils sont d’ailleurs premiers de leur groupe. Dimanche dernier, ils ont battu la RDC avec un score 2-2, qui finit par un tir au but 4-2. Demain, nos zébus affronteront la Tunisie. Cœur sur eux. On y croit ! Parce que oui, ils peuvent ! Yes, they can !

D’autre part, les Barea nous ont appris une grande leçon : on peut être unis. Les Malagasy peuvent être unis. On peut encore très bien être un peuple unifié pour une même cause. Ici, le football… Mais pourquoi pas sur d’autres causes sociales majeures ? Yes, they did it ! Ils ont fait ce que les politiciens n’ont jamais pu faire. Mais après, peut-on faire plus ? Devons-nous faire… plus ?

Yes, they CAN ! Yes, WE can !

Il y a dix ans, encore, je regardais les matchs du Mondial à la TV, en essayant de comprendre ce que les supporters allemands, français, espagnols, italiens, brésiliens, portugais, nigériens, etc… ressentaient, en regardant leur équipe jouer sur le terrain, sur une chaîne souvent internationale. Mais je ne comprenais pas vraiment… J’étais partisane d’une équipe, bien sûr, mais je ne ressentais pas cette chaleur, cette sensation, cette adrénaline, cette envie à la fois d’éteindre  l’écran et de regarder jusqu’à la fin, ce tremblement durant le tir au but… Quand une équipe gagnait, j’étais juste… contente… Et quand elle perdait, j’étais triste, mais seulement pour quelques minutes. J’oubliais en quelques secondes que mon équipe avait gagné ou perdu, la vie reprenait son cours.

Mais aujourd’hui, je comprends enfin ce que c’est que de soutenir une équipe nationale. Je comprends ce que c’est que d’avoir mal au ventre en attendant la fin du match, c’est aussi intense que d’attendre les résultats du Baccalauréat ! J’avais les mains qui tremblaient, je voulais éteindre la TV et en même temps regarder jusqu’à la fin.

Une fois que le match prenait fin et que les Barea gagnaient, je n’avais qu’une envie : sauter de joie, crier comme une folle et câliner tous les gens autour de moi, que je les connaissais ou non. Je n’arrivais pas, moi-même, à réaliser, que toute cette joie, cette folie, c’était grâce – ou à cause – des Barea.

Je voulais manifester ma joie, comme la plupart des Malagasy après la victoire de leur équipe nationale, et comme la plupart des gens, je suis sortie dans la rue. J’aurais pu rester chez moi, mais je voulais vivre ce moment en live. Et aussi, un peu, concrétiser ce rêve d’enfant : célébrer la victoire de son équipe nationale avec des gens qui partagent la même passion.

madagascar at total afcon 2019
The Malagasy supporters in Egypt. cc : Youtube

Et je reviens encore à ce que j’avais dit, plus haut : « les Barea nous ont appris une grande leçon : on peut être unis. Les Malagasy peuvent être unis. »

Ils nous ont montré qu’une équipe peut affronter tous les obstacles, qu’ensemble, on peut tout réussir. Yes, they can ! They could !

Et nous ? Can’t we ? Couldn’t we ?

Couldn’t we believe in something?

Couldn’t we combine our efforts?

Couldn’t we love our land?

Couldn’t we move forward together?

Yes, we should!

madagascar at total afcon 2019
The Malagasy President, Andry Rajoelina, shouted once the Barea won, after the shot on goal at the end of the match, last Sunday. cc : Youtube

Depuis la CAN, dans les bus, dans les rues, dans les bureaux, l’atmosphère n’est pas celle habituelle. Les gens sont souriants, moins grincheux, plus sociables… Les boss écoutent plus leurs subordonnés, les parents sont plus tolérants avec leurs enfants, et même aller travailler le Lundi est devenu un plaisir. Car une cause a rallié les Malagasy : le football.

Mais si on arrive à s’unifier pour le football, pourquoi on ne se rallie pas à d’autres causes ? Ne pouvons-nous pas ? Ne devrions-nous pas ? Je repose ici les questions :

Et nous ? Shouldn’t we ?

Shouldn’t we believe in something?

Shouldn’t  we combine our efforts?

Shouldn’t we love our land?

Shouldn’t we move forward together?

Tiasy

(1) Quand est-ce qu’on participera à un Championnat, Maman?

(2) C’est juste un rêve, ma fille.


1 Comment

5 petits miracles de la visite du Pape François à Madagascar · September 10, 2019 at 10:56 am

[…] éprouvé une telle joie. La plus semblable dans ce genre d’évènement est celle quand les Barea avaient été qualifiés pour les quarts de finale de la CAN 2019. Mais encore, ce n’est pas […]

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

%d bloggers like this: