La consolidation de la filière Informatique, aujourd’hui mise à mal suite à la fuite de cerveaux et à un pillage des ressources intellectuelles, fait partie des grands défis à relever par les entreprises travaillant dans le secteur de l’informatique, à Madagascar.

Fuite de cerveaux et pillage des ressources intellectuelles

En juillet 2018, le Groupement des opérateurs des technologies de l’information et de la communication (Goticom) avait dénoncé que 180 ingénieurs informatiques par an quittaient Madagascar pour aller travailler ailleurs, notamment dans les pays francophones. Un chiffre inquiétant car le nombre d’ingénieurs informatiques sortants de l’université chaque année est estimé à 600. L’on peut donc tirer de cela que près de 30% des ressources intellectuelles qualifiées partent à l’étranger, illustrant ainsi une fuite de cerveaux alarmante pour le pays et pour le secteur informatique.

« La filière Informatique va mal. C’est à cause de la fuite de cerveaux qui est, à part les conditions de travail qui ne sont pas toujours satisfaisantes, aussi provoquée par le pillage des ressources intellectuelles réalisées par des entreprises étrangères qui, elles-mêmes, séduisent les jeunes informaticiens en leur promettant du travail, la facilitation des dossiers, l’aller simple… C’est un fait qui empoisonne totalement la filière », a martelé ce matin Tahina Michel Razafindramalo, directeur de l’eTech Consulting, lors de la conférence de presse du lancement des 10 ans de l’entreprise à Madagascar, ce matin.

Les entreprises étrangères sont motivées à recruter à Madagascar en raison du faible coût de la main d’œuvre. En effet, bien que les ingénieurs informatiques soient généralement trois fois mieux payés que les autres ingénieurs à Madagascar, ils sont quand même mieux payés à l’étranger, et cela, même s’ils le sont moins que les informaticiens étrangers eux-mêmes.

informatique madagascar

La formation et l’amélioration des conditions de travail des ingénieurs sont des solutions à la fuite de cerveaux.
cc: Book News Madagascar

Parmi les grands défis des entreprises informatiques installées dans la Grande île actuellement figure la consolidation de la filière. La formation et l’amélioration des conditions de travail font partie des solutions proposées pour remédier à cela.

Formation et amélioration des conditions

« La filière Informatique a été menacée avant même d’avoir pu être consolidée ». Tels sont les mots de Tahina Michel Razafindramalo, directeur de l’eTech Consulting, ce matin. Pour l’eTech Consulting, cette consolidation doit se faire. Les entreprises internationales qui souhaitent recruter devraient s’installer à Madagascar, avait proposé le Goticom en juillet 2018. D’autre part, la formation et l’amélioration des conditions de travail des ingénieurs sont des solutions que l’on peut mettre en place dans les entreprises nationales.

« Pour nos 10 ans, nous projetons justement d’organiser des formations pour les informaticiens ou non informaticiens, qui souhaitent se spécialiser ou renforcer leurs compétences », a-t-il lancé ce matin.

D’autre part, pour les salariés au sein d’eTech Consulting, les formations ont toujours eu lieu à l’interne, et les employés bénéficient de bonnes conditions de travail : horaires, déplacement, indemnités, etc.

« Toutefois, si un employé fait le choix de partir malgré tout, nous ne pouvons pas le retenir », poursuit-il.

L’eTech célèbre cette année ses 10 ans d’existence à Madagascar. A cet effet, plusieurs évènements sont prévus dans le courant de l’année 2019.

Tiasy


1 Comment

Un informaticien · January 25, 2019 at 7:41 pm

Je suis un informaticien, je ne travaille pas encore à l’étranger mais je cherche activement un moyen pour. Le problème cité ici et réel et je ressens ce besoin de partir de Madagascar pour exercer mon métier, et être payé à la hauteur de mon labeur.
Les formations, les horaires, indemnités, etc c’est bien c’et beau mais surtout insuffisant pour nous retenir.Rémunérez nous à notre juste valeur (comme les étrangers le font) et on restera. Ce n’est pas par plaisir de quitter le pays, mais la vie est dur… On ira toujours chez le plus offrant pour un travail équivalent.
:'(

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