Grand Sud de Madagascar : 25% de la population toujours en phase d’urgence

Une visite de la délégation des Nations Unies a eu lieu à Ambovombe la semaine dernière. Effectuée sur deux jours dans les régions Anosy et Androy, cette viviste avait pour objet le suivi de la situation et des réponses humanitaires dans le Grand Sud de Madagascar.

25% de la population du Sud en phase urgence

 25% de la population située dans la zone Sud de la Grande île, dans les régions Anosy et Androy, seront encore en phase crise et urgence pour la période de juin à septembre 2017, selon le résultat de l’analyse du « Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire » ou IPC, menée en juin 2017 par les Nations Unies. 25%, soit environ 400 000 personnes, selon les estimations. Une assistance humanitaire d’urgence sera encore requise, a-t-on appris du communiqué de presse. « La proposition programmatique du Système des Nations Unies et de ses partenaires ministériels, avec le soutien des partenaires, consiste à promouvoir et développer une transition entre les interventions humanitaires avec celles de développement via un relèvement résilient des ménages vulnérables et des institutions », apprend-on. Le projet conjoint financé par le Gouvernement japonais, au profit de 750 000 personnes dans la région d’Androy, région la plus affectée par cette crise, soutient la relance du système d’alerte précoce interrompu depuis 2011. Parallèlement, le projet de protection sociale sera poursuivi.Programme Fiavota (5)

« La mobilisation de ressources en faveur de la population du Grand Sud auprès des acteurs et partenaires sensibles au développement durable du pays est essentielle. A titre d’exemple, le budget du Plan de Relèvement et de Résilience, qui doit prendre la suite des interventions humanitaires, est de 189 millions de dollars américains pour 3 ans. Il est actuellement mis en œuvre mais seulement financé à 4% à ce jour. Il est primordial de maintenir le financement des interventions humanitaires et de développement pour à continuer à sauver des vies dans certaines zones localisées, à renforcer la résilience de la population qui vit dans cette zone à sécheresse cyclique, et enfin à mettre en œuvre des projets structurants pour soutenir un développement durable ».

 

Amélioration de la situation

Malgré ce taux qui semble encore élevé, des améliorations palpables ont été relevées. « La saison des pluies a été favorable à l’agriculture dans la plupart des districts duGrand Sud en 2016 et 2017. Grâce à la combinaison de ces bonnes précipitations et des interventions, la situation humanitaire s’est améliorée par rapport aux deux années précédentes », souligne le communiqué. De récentes enquêtes nutritionnelles ont révélé un taux de malnutrition aiguë sévère en dessous du seuil d’urgence de 3% dans huit districts, tandis que trois districts se trouvaient au-dessus du seuil d’alerte de la malnutrition aiguë globale (MAG) de 10 % et cinq districts en dessous du seuil d’alerte. Les résultats de l’IPC pour la malnutrition aiguë menée en juillet 2017 ont classé cinq districts en phase d’alerte et les trois autres districts en phase sérieux.

« Pour les populations en insécurité alimentaire modérée, la Stratégie de relèvement et de résilience devra être renforcée pour assurer le continuum entre l’humanitaire et le développement. Plus de 73% de la population des neuf districts affectés continuent d’utiliser des points d’eau non améliorés ; la santé des populations les plus vulnérables reste à risque, principalement celles qui vivent dans des zones difficilement accessibles (plus de 10 km des centres de santé), et la vigilance reste de rigueur pour les districts en Phase 3 pour éviter un nouveau basculement en phase d’Urgence (Phase 4). Tout cela est fragilisé par la vulnérabilité structurelle et l’insécurité alimentaire et nutritionnelle chronique qui frappe le Grand Sud », argumente les Nations Unies.

Fin de la visite conjointe

La visite conjointe de la délégation des Nations Unies a pris fin le 25 août dernier. LeCoordonnateur résident du Système des Nations Unies à Madagascar, Violette Kakyomya, des Chefs d’agence du Système des Nations Unies, du Ministre-Conseiller et Chef de bureau de l’Ambassade de Norvège, M. Johan Meyer, du Conseiller de l’Ambassade du Japon, M. Yorio Ito, ainsi que le Secrétaire Exécutif du Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC) M. Thierry Venty, y ont été présents. Sept sites dans les districts d’Amboasary et d’Ambovombe ont été visités, incluant le Centre de Santé de Base d’Ambondro et l’EPP Anatirova, la piste rurale réhabilitée Erada-Ambovombe qui est le résultat du Programme « argent contre DSC_0145travail assorti d’épargne », le Programme FIAVOTA (Transfert monétaire d’urgence), le champ Bevala pour l’appui aux petits producteurs, la rivière Mandrare et son système de captage d’eau par pipeline à Amboasary, et la production de semences à grande échelle à Tsarapioke. Une présentation du premier bulletin sur les déplacements de la population (DTM) et du projet d’extension du bureau du BNGRC a également été faite au Bureau de la coordination locale. Cette visite conjointe a été précédée, une semaine auparavant, d’un atelier de trois jours sur les leçons apprises des réponses au phénomène climatique El Nino dans le Grand Sud de Madagascar.

Tiasy

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