A chaque femme son combat ! Le 08 Mars approche, jour où on commémore ces femmes qui ont lutté contre l’oppression, ces femmes qui de par leurs actions ont mené une révolte silencieuse pour améliorer les conditions de leurs semblables. Tehmina Durrani fait partie de ces femmes. A travers son livre « Mon seigneur et maître », elle met à nue la défaillance de la société pakistanaise. Une société qui se veut conservatrice de la tradition islamique, qui relègue les souffrances des femmes et les opprimés en arrière-plan pour sauver les apparences et les honneurs et qui n’offre à la femme aucune issue pour échapper à son mari violent, considéré comme le seigneur et maître.

Comment être la femme d’un politicien versatile, machiavélique et dominateur ?

Au début, elle croyait être à la hauteur. Elle pensait que la raison pour laquelle il battait sa femme, c’est que cette dernière agissait comme son esclave, elle lui tolérait tout, elle le laissait dominer. De toute évidence, elle lui était inférieure. Par contre eux, tous les deux, ils viennent du même milieu, ils peuvent parler de tout et de rien, de la politique comme la religion, de l’histoire comme le commerce. Elle, Tehmina Durrani, une femme cultivée, de bonne éducation, sortie d’une grande famille de Panjab et lui, Mustapha Khar, un homme issu d’une longue lignée de seigneurs féodaux et maintenant gouverneur de Panjab.

femme malagasy
Tehmina Durrani cc: Youtube

Quelques mois à peine leur relation officialisée, son paradis virait au cauchemar. Il la battait, la violait, la torturait et l’humiliait de jour comme de nuit. Un premier enfant venu au monde signifiait un petit moment de répit pour Tehmina. Mais après, le naturel revient au galop, son mari redevenait l’animal incontrôlable qui rendait son quotidien aussi sombre qu’un tunnel sans fin. Pas question de contraception dans la religion arabe, d’après son mari, même de la façon la plus naturelle. Et leur progéniture se multipliait à grande vitesse. De l’extérieur, ils formaient une famille heureuse.

Elle a tenté plusieurs fois de s’échapper de cette mascarade, mais en vain ! Son mari osait même la faire chanter en kidnappant leurs trois enfants pour les retenir en otage pendant sept longs mois. Pendant des années, elle a donc souffert atrocement. Elle a enduré. Elle a accepté sa situation. Mais, elle a surtout appris à sourire devant sa famille, ses amis, les collègues de son mari et à la société toute entière malgré sa vie infernale, pour sauver les apparences, et pour garder la crédibilité d’un mariage qui n’en valait même pas la peine.

Le combat pour la liberté

Divorcer dans une société musulmane, s’apparentait à la fin du monde pour une femme. « Qu’une épouse veuille briser ses chaînes, et elle est dépouillée de tout, avec l’accord de sa propre famille et celui du mari. Ses enfants, ses biens, son honneur lui sont retirés officiellement ». Elle a accepté de tout perdre pour se révolter contre cette pratique, de laisser l’homme traiter sa femme comme sa propriété ni moins un simple objet de plaisir sexuel, que la société acquiesce silencieusement.

Oser dévoiler aux yeux du monde les détails tortueux d’une société fermée comme celle du Pakistan constitue un crime en soi. Cependant, Tehmina tenait à mener sa lutte contre l’oppression des femmes dans ce monde où les paroles du Coran sont interprétées pour l’intérêt des hommes. « Lorsque j’ai pris la décision d’écrire ce livre, j’étais parfaitement consciente des dangers auxquels je m’exposais…Mais il fallait oublier ces considérations personnelles pour le bien de mon peuple ». Tehmina a mené son combat, non sans peine, pour sa liberté, pour la liberté de ses enfants et pour la liberté de toutes ces femmes victimes de la cruauté de leur mari. Elle fût reniée par sa propre famille et accusée d’ignominies insensées.

A chaque femme son combat ! Comparée à celle de Tehmina Duranni, notre situation de femme Malagasy pourrait paraître simple. Cependant, pensons à ces femmes qui subissent des harcèlements sexuels dans le milieu professionnel, à ces femmes qui se battent pour poursuivre leurs rêves, à ces femmes qui supportent les excès d’alcool et de violence de leur mari, à ces femmes qui luttent pour élever un enfant toute seule. Être femme ne nous réduit pas à subir la virilité mal placée des hommes quelle qu’en soit la nature. Comme Tehmina, osons agir pour notre liberté, notre identité et notre honneur pour une vie plus épanouie

Ando Nantenaina


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