Ces derniers temps, les incubateurs, les organes d’accompagnement, les moyens de financement, bref les programmes de facilitation de l’entrepreneuriat à Madagascar affluent de partout. Plateformes publiques, initiatives privées et projets de sociétés civiles sont nombreux à vouloir aider les startups Malagasy à se développer. S’agirait-il d’un phénomène de mode ou vraiment le début d’une atmosphère propice à l’investissement ? Dans tous les cas, ce ne sont pas les entrepreneurs qui vont se plaindre devant ces mannes tombées du ciel.

Depuis des années, les résultats des études s’habituaient à citer les freins à l’entrepreneuriat à Madagascar.

« Le manque de financement, l’insuffisance de fonds et de capitaux disponibles constituent des freins à la création et au développement de l’entrepreneuriat à Madagascar. »

Selon le Rapport National Global Entrepreneurship Monitor (GEM 2017).

En ajout, on parle également de la défaillance du système éducatif, de l’absence de programmes publics ou encore de l’instabilité politique comme facteurs défavorables à la création d’entreprise dans notre pays.

L’évolution de l’appui à l’entrepreneuriat à Madagascar

Au début des années 2000, on constatait déjà quelques initiatives de support à l’entrepreneuriat comme le trophée du jeune entrepreneur (TJE) de la BNI lancé en 2003 et quelques programmes initiés par les bailleurs de fonds. Cependant, seuls quelques élus ont pu en profiter.

Salon des SPME et Startups
La septième édition du Salon des Startups et PME
cc: Book News Madagascar

Ce n’est que durant la décennie actuelle que les plateformes de promotion de création d’entreprise et d’appui aux startups ont connu un véritable essor. Nous pouvons citer entre autres le Club Entrepreneurs Etudiants du Rendez-vous des Entrepreneurs (CEERE) créé en 2011, le Trophée de l’Entrepreneuriat JCI CYEA (Creative Young Entrepreneur Award) lancé en 2015, Incubons, l’incubateur d’entreprises soutenu par l’OIF, inauguré en Juillet 2016, et le prix « meilleur jeune entrepreneur social malagasy » de l’association AFAKA en 2017. Les programmes internationaux allant dans ce sens ne sont pas non plus en reste, tels que l’Anzisha Prize, le concours des jeunes entrepreneurs innovants africains lancé en 2011, le Tony Elumelu Foundation, la plateforme philanthropique dédiée à l’entrepreneuriat africain initiée en 2014, ou encore le challenge Startupper de l’année organisé par Total dans 34 pays d’Afrique depuis 2017.

Un environnement opportun à la création d’entreprise

Le Président Andry Rajoelina offrant le chèque cadeau à une gagnante du concours de projet Fihariana 2018
cc Présidence de Madagascar

Par contre cette année, nous entrons dans une nouvelle ère. En effet, la promotion de l’entrepreneuriat reçoit un soutien particulier de la part de notre président de la république, Andry Rajoelina, lui-même ayant bâti son nom dans le milieu et étant le gagnant de la première édition du TJE de la BNI. Si l’ancien président Marc Ravalomanana vouait un culte particulier pour le leadership, le locataire actuel du palais d’Iavoloha affiche plutôt une préférence pour l’entrepreneuriat. Le programme national pour l’entrepreneuriat « Fihariana » en est le premier témoin. Par ailleurs, la remise des trophées du TJE 2018 a bénéficié de son haut patronage de même que l’inauguration officielle de l’espace de coworking Next A du groupe Axian Vendredi dernier. Quel autre signe attendons-nous de plus ?

« Le Président Andry Rajoelina a fortement incité les jeunes à être créateur d’entreprise et à persévérer dans la création, l’innovation afin de prendre en main leurs destins et de devenir le moteur de développement du pays vers l’émergence de Madagascar. »

D’après le communiqué officiel de la présidence

Les actions citées ci-dessus ont toutes pu, chacune à sa façon participer à aménager un climat favorable à la création d’entreprise à Madagascar. Elles ont permis l’émergence de nouveaux entrepreneurs et le développement de leurs startups. Ces success story, espérons-le, inspirent les jeunes Malagasy contemporains et continueront à façonner un esprit entrepreneurial chez les générations à venir. Alors, forgeons le fer tant qu’il est chaud, comme l’on dit. Tirons parti au maximum de toutes ces opportunités. Chère jeunesse malagasy aux idées innovantes, révolutionnaires ou même farfelues, c’est le moment ou jamais de réaliser vos projets pour vous d’abord mais aussi pour le pays.  

Ando Nantenaina


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