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Employabilité à Madagascar – De nombreux universitaires déçus par les débouchés

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Last updated on juillet 28, 2021

Perte de temps, perte d’argent, perte de motivation, déception… De nombreux jeunes Malagasy se retrouvent désorientés, une fois leurs études universitaires achevées. Les raisons à cela : le manque d’orientation, de coaching et d’accompagnement quant au choix de la filière, mais aussi le manque de connaissances sur les débouchés et les conditions de travail. Face à cela, l’évènement virtuel Forum de l’Orientation et des métiers, organisé par le Programme Sésame, se positionne comme un sensibilisateur à l’importance de l’orientation, à travers les différentes activités proposées sur le salon.

Déception à l’issue des études universitaires

On n’en parle pas souvent, et pourtant la déception engendrée par la réalité du marché du travail et des débouchés en eux-mêmes est un grand fléau de l’employabilité à Madagascar. La plupart des jeunes sortants des universités de la Grande île sont en effet peu préparés au monde du travail, et se voient souvent déçus par le monde professionnel.

Outre les conditions de travail qui sont loin du monde « bisounours » dans lequel on les a bercé, un manque de vision flagrant est remarqué chez les jeunes diplômés. En effet, la plupart ont étudié pour « faire plaisir aux parents », pour assurer la continuité d’une génération dans une profession, parce qu’ils n’ont pas réussi le concours dans la filière de leurs choix, parce que cette filière est à la mode ou encore parce que « ce travail paiera bien plus tard ».

« Je ne sais pas trop ce que je veux faire. J’ai décidé d’étudier la gestion parce que j’avais été recalée en Informatique »,

témoigne Kanto, une jeune étudiante en deuxième année dans une université privée de la Capitale.

Plus tard, ce manque de vision pousse souvent les jeunes diplômés à se tourner vers le choix le plus simple : « trouver un travail qui paie ». Le salaire minimum d’embauche étant actuellement de 200 000 Ariary à Madagascar, trouver un travail qui paiera deux ou trois fois cela sera déjà satisfaisant, que cela corresponde ou non au parcours universitaire.

Résultat : le jeune diplômé n’éprouvera aucune passion pour son métier, la routine s’installera petit-à-petit et il sera difficile pour ce dernier d’évoluer.

« Personne ne connaît la réalité, ni les parents, ni les éducateurs ni les étudiants. La question se pose seulement une fois le diplôme décrôché : « quel travail pourrais-je faire maintenant ? »,

explique Nestoria Raoelison, une des organisatrices du Forum de l’Orientation et des métiers, qui se déroule actuellement en ligne sur Programme-sesame.mg.

Cet évènement est dédié à l’orientation et l’accompagnement des jeunes.

« Orientation réfléchie égale insertion réussie »,

ajoute Nestoria.

« Cela s’explique par les 4 rouages de l’orientation : connaissance de soi, connaissance du monde socio-économique, connaissance des formations, rédaction de projet de vie »,

continue-t-elle.

Manque d’orientation au sein des lycées, collèges et écoles primaires

Selon les responsables au sein du Programme Sésame, l’orientation des élèves doit être effectuée dès l’école primaire, ou, au plus tard, en secondaire. Malheureusement, celle-ci s’effectue très tardivement, et parfois même ne se fait pas. C’est ainsi que de nombreux universitaires ou même diplômés ressentent qu’ils se sont trompés de filière.

« Nous remarquons que la majorité des visiteurs du Forum sont des universitaires. Ils demandent des conseils, se plaignent de leur situation »,

appuie Nestoria Raoelison.

Forum de l’orientation et des métiers

Dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire lié à l’épidémie de Covid-19 à Madagascar, le Forum de l’orientation et des métiers se fera exclusivement en ligne. cc: Capture d’écran

Le Forum de l’orientation et des métiers en est à sa cinquième édition cette année. Dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire lié à l’épidémie de Covid-19 à Madagascar, le programme se fera exclusivement en ligne.

Par rapport à la quatrième édition, celle-ci a rencontré un fort intérêt, notamment auprès des lycéens et étudiants. Les parents sont également nombreux à se manifester et à demander des conseils. Les conférences et les stands virtuels sont ceux qui intéressent le plus ces derniers. Par contre, une petite difficulté est rencontrée par les visiteurs au niveau de l’utilisation de la plateforme, le concept du salon virtuel étant encore nouveau à Madagascar.

Un mini-tutoriel a été réalisé par les organisateurs pour accompagner les visiteurs sur Programme-sesame.mg.

Tiasy

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