Le dernier rapport de l’Amnesty International interpelle les autorités mais aussi toute la population malagasy face aux différentes tentatives des autorités Malagasy à harceler et intimider les journalistes et défenseurs des droits humains. Droits d’expression bafoués, liberté de réunion remise en cause… La liste des droits non respectés est longue pour Madagascar.

English version avalaible on https://www.booknewsmada.com/amnesty-international-madagascar-attacking-human-rights/

Attaque aux défenseurs des droits de l’homme : Madagascar épinglé

« Les autorités malgaches ont harcelé et tenté d’intimider des journalistes et des défenseurs des droits humains afin de les réduire au silence. » Le rapport de l’Amnesty International sur la période 2017-2018 met l’accent sur les attaques flagrantes faites aux défenseures et défenseurs des droits de l’Homme tout au long de cette période. Pointilleux, le rapport met en exergue une liberté remise en cause en raison de différentes répressions faites par l’Etat malagasy alors que des activistes remettaient en cause certaines pratiques de publics, privés ou particuliers, sous possibilité de recours à la corruption ou au trafic.

Ces deux domaines : la corruption et le trafic de ressources naturelles, sont en effet les deux domaines où interviennent le plus les défenseurs. Malheureusement, en 2017, les activistes qui osaient dénoncer des magouilles ayant eu lieu dans ces secteurs se sont vus harcelés et même arrêtés. Certains défenseurs se sont vus réduits au silence sous la pression de poursuites judiciaires.

« Les défenseurs des droits humains qui s’opposaient à des projets d’exploitation des ressources naturelles ou qui accusaient de corruption des représentants de l’État risquaient tout particulièrement de subir des actes de harcèlement, d’être arrêtés sur la base d’accusations forgées de toutes pièces ou de faire l’objet d’autres violations dans le cadre du système pénal », a dénoncé le rapport de l’Amnesty International.

L’arrestationdeClovisRazafimalala, militant écologiste à Toamasina ; celle de Raleva, autre militant écologiste à Mananjary, ont été mentionnés par le rapport.

« Les personnes qui osaient dénoncer ouvertement le trafic et l’exploitation illégale des ressources naturelles faisaient de plus en plus souvent l’objet de poursuites », martèle le rapport.

Amnesty international

Clovis Razafimalala, le militant écologiste, a été arrêté en 2017.
cc: CNPE (archive photo)

D’autre part, la répression des manifestations pacifiques est également dénoncée. L’absence de liberté de réunion à Madagascar est flagrante.

« Deux mouvements de la société civile, le Wake Up Madagascar et le SeFaFi (Observatoire de la vie publique à Madagascar), qui oeuvrent à l’amélioration des processus démocratiques dans le pays, ont critiqué en juin l’interdiction de manifester sur la voie publique pendant un mois ».

L’Amnesty International insiste sur la remise en cause de la liberté d’expression des activistes mais aussi des simples citoyens par les dirigeants malagasy actuels. Une liberté de moins en moins existante, actuellement, puisque le nouveau Code de la Communication en vigueur est également moins libéral sur la diffusion de l’information par les journalistes.

Auto-répression

Pour les citoyens malagasy, ces pratiques pour réduire des défenseurs des droits de l’Homme au silence ne sont pas nouvelles. Toutefois, une auto-répression a été constatée dans la société malagasy. Exprimer son avis, son opinion, sa vision, est devenu très difficile pour les malagasy, notamment en public.

Discuter de sujets politiques est devenu très difficile pour la plupart des malagasy. Le silence est devenu un outil de combat mais aussi de protection. Une mesure d’auto-répression prise par chaque citoyen pour éviter tout ennui, généralement de nature judiciaire.

L’ONU fêtera le 20ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme en décembre prochain. Le 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) sera également célébré en décembre. Ces déclarations, qui protègent et soutiennent les défenseurs et activistes des droits humains, tout en encourageant chacun d’entre nous à se battre pour les droits fondamentaux. Or, deux décennies plus tard, celles et ceux qui s’engagent pour défendre les droits humains doivent souvent affronter les pires conséquences.

TIASY


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